Au service de la gênance publique
Officiellement créé en janvier 2024, le Ministère du Cringe observe, collecte et commente les grands moments de malaise de notre époque. Là où d’autres détournent les yeux, nous ouvrons un dossier.
Notre matière première : les mises en scène improbables, les déclarations trop confiantes, les tendances qui auraient dû rester dans les brouillons et ces instants où Internet aurait mérité un adulte référent. Nous empruntons les codes de l’administration française pour faire de la satire, pas pour nous faire passer pour elle.
« Le malaise est une affaire trop importante pour être laissé aux gens à l’aise. »
Une communauté, plusieurs guichets
+500 000
abonnés cumulés, toutes plateformes confondues
Total déclaré par le Ministère : les abonnements se cumulent, une même personne peut nous suivre sur plusieurs plateformes.
Sur Instagram, TikTok, Facebook et LinkedIn, la communauté participe à cette veille du grand n’importe quoi. Un réseau pour chaque usage, un malaise pour chaque occasion. Le Ministère ne dispose pas de préfectures : il dispose de sections commentaires, ce qui demande parfois davantage de sang-froid.
Ici, cette communauté se retrouve autour des communiqués, des attestations de cringe et des signalements. Le tout sans rendez-vous, sans justificatif de domicile et sans photocopie du recto de votre dignité.
La neutralité : aucun camp n’a le monopole du cringe
Le Ministère revendique son indépendance et sa neutralité partisane. Nous ne faisons campagne pour aucun parti, aucun candidat, ni aucun influenceur qui filme ses excuses devant une bibliothèque. Une situation gênante reste gênante, quelle que soit la couleur de son logo.
Notre boussole, ce sont les comportements et les prises de parole publiques, pas l’étiquette de leur auteur. La neutralité n’est pas le silence : elle consiste à conserver le même regard critique sur tous, y compris sur le Ministre lorsqu’il se prend un peu trop au sérieux.
Égalité de traitement devant le malaise. Aucun passe-droit, même avec une écharpe tricolore ou un compte certifié.
Le devoir de dénoncer… le cringe
Dans notre République fictive, détourner le regard devant une vidéo de motivation tournée dans une voiture constitue un manquement au devoir de vigilance gênante. Le citoyen est donc invité à signaler les situations publiques qui méritent une observation ministérielle. Aucune obligation réelle : votre casier judiciaire restera parfaitement indifférent.
Dénoncer l’absurde, oui. Organiser une chasse à une personne, non. Nous cherchons à faire rire d’une situation, à questionner un discours ou à montrer une contradiction — pas à transformer la communauté en tribunal.
- Privilégier les contenus publics et donner leur contexte : un extrait tronqué n’est pas une preuve, même avec une musique dramatique.
- Ne pas partager d’adresses, de coordonnées privées ou d’informations personnelles.
- Ne pas appeler au harcèlement, aux insultes ou aux attaques discriminatoires. La gêne n’excuse pas la cruauté.
- Accepter la correction : si le Ministère se trompe, il doit pouvoir rectifier sans créer une commission de 48 membres.
Un signalement ne garantit pas une publication. Le cabinet se réserve le droit de classer le dossier pour insuffisance de malaise.
